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Une table avec des verres de vin rouge et des fromages roumains dans une cave à vin, le soir

Bucarest

La scène gastronomique et viticole roumaine : le vin, les restaurants et ce qui a changé depuis les files d'attente

Sixième producteur de vin de l'UE, huit médailles d'or Decanter et les premières Clés Michelin pour les hôtels. Le chemin parcouru depuis le rationnement du pain de 1981 jusqu'à une scène en pleine construction.

8 min de lecture · 30 s version courteExtrait de : La gastronomie et le vin en Roumanie : des queues pour l'huile en 1986 aux médailles d'or Decanter23.10.2026
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3.3M hlProduction de vin 2025

Selon l'OIV, la Roumanie a produit en 2025 environ 3,3 millions d'hectolitres de vin, la sixième place de l'UE, après l'Italie, la France, l'Espagne, l'Allemagne et le Portugal.

x3.7Importations et exportations de vin

Selon Wines of Romania, sur la base de l'INS, la Roumanie a importé en 2023 pour environ 268 millions d'euros de vin et en a exporté pour environ 72,5 millions d'euros.

0restaurant au Guide Michelin : la prochaine étape

En février 2026, selon Economedia, la Roumanie n'avait encore aucun restaurant au Guide Michelin. Des hôtels ont déjà reçu des Clés Michelin depuis 2025.

8médailles d'or Decanter en 2025

Selon les rédacteurs des Decanter World Wine Awards, la Roumanie a plus que doublé son nombre de médailles d'or, de trois à huit.

1981Le rationnement du pain

En octobre 1981, les villes roumaines ont instauré un rationnement d'environ un demi-kilo de pain par personne et par jour, selon le Christian Science Monitor.

La gastronomie et le vin : la réponse courte

Selon l'Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV), la Roumanie a produit en 2025 environ 3,3 millions d'hectolitres de vin. C'est la sixième place de l'Union européenne, après l'Italie, la France, l'Espagne, l'Allemagne et le Portugal. Sa surface viticole, 187 000 hectares, est la quatrième de l'UE. Ce sont les chiffres d'un vrai pays de vin.

L'essentiel de ce vin reste dans le pays. Selon une analyse de Wines of Romania fondée sur les données de l'INS, la Roumanie a importé en 2023 pour environ 268 millions d'euros de vin et en a exporté pour environ 72,5 millions d'euros. Côté restaurants, en février 2026, la Roumanie n'a encore aucun restaurant dans le Guide Michelin. La reconnaissance internationale passe par les concours de vin, d'autres guides et les premières Clés Michelin attribuées à des hôtels.

En clair : la Roumanie produit beaucoup de vin et le boit surtout chez elle. Les restaurants de Bucarest ont énormément progressé depuis les années 1980, et les guides internationaux commencent à arriver. Le passage des files d'attente pour le pain et l'huile à un marché ouvert est l'un des grands changements du pays, et sa scène gastronomique est encore en construction.

Le vin : les chiffres d'un grand producteur

Les données du rapport annuel de l'OIV, publié en mai 2026, placent la Roumanie parmi les producteurs moyens à grands d'Europe.

Pays Production de vin 2025 (millions d'hectolitres) Surface viticole 2025 (milliers d'hectares)
Italie 44,4 726
France 36,1 740
Espagne 28,7 919
Allemagne 7,6 102
Portugal 6,0 171
Roumanie 3,3 187
Hongrie 3,0 58
Grèce 1,6 93

Trois remarques sur ce tableau. D'abord, la production roumaine varie fortement d'une année à l'autre : selon l'OIV, 4,6 millions d'hectolitres en 2023, 3,1 en 2024 et 3,3 en 2025. L'OIV précise que les vendanges 2025 ont été inférieures de 17,6 % à la moyenne des cinq dernières années, après des gelées de printemps, de la grêle et une sécheresse dans l'ouest du pays. Ensuite, dans les tableaux de l'OIV, la Roumanie est neuvième au monde pour la surface viticole, mais seulement treizième pour la production. Notre interprétation : la production par hectare est relativement faible, notamment en raison d'années de météo difficile. Enfin, en 2025, la Roumanie a consommé environ 3,5 millions d'hectolitres de vin, davantage qu'elle n'en a produit.

Un vin qui reste au pays : marché intérieur et exportations

Le commerce montre à quel point le marché intérieur a soif de vin. Selon l'analyse de Wines of Romania fondée sur l'INS, en 2023 :

  • Importations : environ 268,4 millions d'euros, environ 123 000 tonnes.
  • Exportations : environ 72,5 millions d'euros, environ 34 400 tonnes.
  • Prix moyen au litre : 2,17 euros à l'importation, 2,09 euros à l'exportation.

Les importations sont 3,7 fois plus importantes que les exportations. Selon la même analyse, les vins de qualité importés viennent surtout de France, de Hongrie et d'Italie. Autrement dit, le consommateur roumain achète du bordeaux, du tokaji et du toscan, et la plus grande partie du vin roumain reste sur le marché intérieur.

Ce qui suit est une interprétation, pas une conclusion de la source : un prix moyen à l'exportation d'environ 2 euros le litre laisse penser qu'une grande partie des exportations est du vin en vrac ou d'entrée de gamme, et non des bouteilles premium. Les marques de qualité existent, et elles sont le moteur de la prochaine étape à l'export.

Nous avons décrit les régions viticoles elles-mêmes, de Dealu Mare à Drăgășani, et le système DOC sur l'étiquette, dans le guide des régions viticoles autour de Bucarest. Ici, nous nous concentrons sur l'économie.

Les médailles : là où le vin roumain est reconnu

Dans les concours internationaux, les choses bougent. Dans le bilan des Decanter World Wine Awards 2025, les rédacteurs ont écrit que la Roumanie avait plus que doublé son nombre de médailles d'or, de trois l'année précédente à huit. C'est peu comparé à la France ou à l'Italie, mais c'est une tendance.

Autre étape institutionnelle : en 2011, la confiture de prunes de Topoloveni (Magiun de prune Topoloveni) a été enregistrée dans l'UE comme indication géographique protégée (IGP), par le règlement 338/2011 de la Commission. C'est ainsi qu'un produit traditionnel roumain est entré dans le système européen de protection des appellations d'origine.

Les restaurants : où en est-on avec Michelin

La question la plus fréquente sur la cuisine en Roumanie est « combien d'étoiles Michelin y a-t-il à Bucarest ». La réponse, d'après ce que nous avons trouvé : aucune.

La distance entre une file d'attente pour l'huile en 1986 et un marché ouvert en 2026 est l'un des changements les plus tangibles de la Roumanie.
  • Le guide des restaurants : en février 2026, Economedia écrivait que « la Roumanie n'a encore aucun restaurant sur cette carte ». Dans l'article, le chef Alex Petricean estimait qu'il y a à Bucarest plus de 30 restaurants susceptibles d'entrer dans le guide, au moins comme recommandation. C'est son estimation, pas celle de Michelin.
  • Les hôtels, oui : en novembre 2025, Business Review a rapporté que la Roumanie avait reçu pour la première fois des « Clés Michelin », la distinction du guide pour les hôtels. Parmi les hôtels cités : The Marmorosch, l'InterContinental Athénée Palace, le Corinthia Grand Hotel du Boulevard et Epoque à Bucarest. Selon RHN, en août 2026, la Roumanie comptait 25 hôtels dans la sélection des Clés, dont neuf nouveaux.
  • Des chefs étoilés, en invités : le festival Taste of Transylvania, organisé à Bucarest du 16 au 18 octobre 2026 au musée du Village, a réuni selon Business Review 36 restaurants et marques, dont deux restaurants étoilés Michelin venus de l'étranger.

Autrement dit, Michelin regarde déjà la Roumanie, mais par ses hôtels. Les restaurants attendent encore.

Les autres guides : Gault&Millau et 50 Best Discovery

D'autres guides sont arrivés avant Michelin.

Gault&Millau. Le guide français a lancé une première édition roumaine le 14 mai 2018, avec 141 adresses dans six villes, selon Economica. Dans cette édition, Alex Petricean, alors chef de Maize à Bucarest, a été élu chef de l'année. Dans l'édition 2019, selon Playtech, plus de 90 restaurants en Roumanie ont reçu au moins une « toque », et Alexandru Dumitru, du Bistro Ateneu, a été élu chef de l'année avec 15,5 points. En octobre 2026, l'adresse gaultmillau.ro redirige vers une plateforme nommée Go-Mio, dont les dernières actualités datent de janvier 2024. Aucune édition plus récente du guide n'y a été publiée.

50 Best Discovery. C'est une liste en ligne de l'organisation qui classe les 50 meilleurs restaurants du monde. Selon un entretien paru dans Revista Biz en décembre 2022, le restaurant Kaiamo à Bucarest, du chef Radu Ionescu, figurait dans la liste en 2019. En octobre 2026, le restaurant est temporairement fermé : son site annonce qu'une nouvelle version est en préparation. La liste actuelle des restaurants roumains qui y figurent n'était pas accessible au moment de la rédaction.

La restauration comme secteur : vaste, dense et concurrentiel

Selon un article de StartupCafe, fin 2024, la Roumanie comptait environ 33 000 restaurants, cafés et bars, et les professionnels du secteur estiment que leur nombre a baissé d'au moins 10 % depuis. Le même article estime la marge moyenne du secteur à seulement 3 à 5 %. Ce sont des estimations rapportées dans l'article, pas une donnée officielle de l'INS.

Selon le même article, le marché progresse en chiffre d'affaires mais pas en rentabilité, et un représentant de l'association des restaurateurs HORA a déclaré que la main-d'œuvre était le principal atout du secteur. Notre interprétation : pour les habitants de la ville, cela signifie un large choix, mais aussi une forte rotation des établissements.

Le chef israélien Joseph Hadad est un exemple de chef étranger qui a bâti sa carrière ici. Nous lui avons consacré un article à part, sur le chef Joseph Hadad à Bucarest.

Hier et aujourd'hui : des files d'attente au marché ouvert

Pour mesurer la distance, il faut revenir aux années 1980.

  • Octobre 1981 : le Christian Science Monitor rapportait que la Roumanie avait instauré le rationnement du pain dans les villes, environ un demi-kilo (environ une livre) par personne et par jour. Le journal le reliait à des pénuries accumulées et à une mauvaise récolte de céréales.
  • Années 1980 : selon un article de l'historien Mihai Dragnea sur le site de l'Institut estonien de la mémoire historique, de nombreux produits n'étaient vendus que sur tickets, et une photo prise à Bucarest en 1986 montre une file d'attente pour l'huile de cuisson.
  • Avril 1989 : selon la même source, Ceaușescu a annoncé que la Roumanie avait fini de rembourser sa dette extérieure. Le prix a été payé par les citoyens, en austérité et en pénuries.
Années 1980 Aujourd'hui
Pain et produits de base Pain rationné dès 1981, tickets pour de nombreux produits Aucun rationnement. Le niveau des prix alimentaires, selon Eurostat, le plus bas de l'UE en 2024 (74,6 contre 100)
Le marché Files d'attente, par exemple pour l'huile à Bucarest en 1986 Marchés publics ouverts, gérés par les secteurs de la ville
Restaurants Pas de donnée comparable de source fiable Environ 33 000 restaurants, cafés et bars (estimation, fin 2024)
Reconnaissance internationale Presque aucune Médailles Decanter, Gault&Millau depuis 2018, Clés Michelin pour les hôtels depuis 2025
Vin Grosse production pour le marché intérieur Toujours surtout pour le marché intérieur : importations 3,7 fois supérieures aux exportations (2023)

Un autre chiffre complète le tableau. Selon Euronews, sur la base d'Eurostat, l'alimentation représente en moyenne environ 11,9 % des dépenses des ménages dans l'UE, et jusqu'à environ 20 % dans des pays comme la Roumanie. Autrement dit, les prix sont bas, et les revenus, qui rattrapent encore la moyenne européenne, laissent à l'alimentation une part importante du budget familial. Nous avons traité les dépenses des ménages en ville dans le coût de la vie à Bucarest, et les marchés eux-mêmes dans le guide des marchés de Bucarest.

La prochaine étape de la scène

La Roumanie d'aujourd'hui offre une gastronomie et une abondance qui n'existaient pas il y a 40 ans : le rationnement a pris fin, les marchés sont pleins, et les restaurants de Bucarest sont reconnus par des guides et des concours. Trois éléments annoncent l'étape suivante :

  1. La première étoile Michelin. Le guide classe déjà des hôtels en Roumanie, et les restaurants sont la prochaine étape.
  2. Le vin sort du pays. Sixième producteur de l'UE, qui importe aujourd'hui 3,7 fois plus qu'il n'exporte, le pays commence à se faire un nom à l'étranger grâce aux médailles.
  3. Des revenus en hausse. Les prix alimentaires sont les plus bas de l'UE et, à mesure que les revenus augmentent, l'alimentation pèse moins dans le budget.

Nous avons développé le volet historique des années 1980 dans l'article sur l'ascension et la chute de Ceaușescu.

Questions fréquentes

Combien d'étoiles Michelin y a-t-il en Roumanie ?

En février 2026, selon Economedia, la Roumanie n'a aucun restaurant dans le Guide Michelin. Michelin classe en revanche des hôtels en Roumanie : depuis 2025, des hôtels de Bucarest et d'ailleurs ont reçu des « Clés Michelin ».

Combien de vin la Roumanie produit-elle ?

Selon l'OIV, environ 3,3 millions d'hectolitres en 2025, la sixième place de l'UE. La production varie fortement : 4,6 millions en 2023 et 3,1 en 2024.

Combien de vin la Roumanie exporte-t-elle ?

La plus grande partie du vin reste sur le marché intérieur. Selon l'analyse de Wines of Romania fondée sur l'INS, en 2023, la Roumanie a importé pour environ 268 millions d'euros de vin et en a exporté pour environ 72,5 millions d'euros, soit des importations 3,7 fois supérieures.

Existe-t-il un guide des restaurants sérieux en Roumanie ?

Gault&Millau a lancé une édition roumaine en 2018 et une autre en 2019. Aucune édition plus récente n'a été publiée. Le restaurant Kaiamo à Bucarest figurait, selon un article, dans 50 Best Discovery en 2019, et il est aujourd'hui temporairement fermé.

Quelle était la situation alimentaire en Roumanie dans les années 1980 ?

En 1981, le pain a été rationné dans les villes, environ un demi-kilo par personne et par jour, selon le Christian Science Monitor. Plus tard dans la décennie, de nombreux produits étaient vendus sur tickets, et il y avait des files d'attente, par exemple pour l'huile de cuisson.

En résumé

La distance entre une file d'attente pour l'huile en 1986 et un marché ouvert en 2026 est l'un des changements les plus tangibles de la Roumanie. Le vin existe à grande échelle, les médailles commencent à arriver, et Bucarest compte des restaurants que les guides internationaux ont déjà remarqués. Les prochaines étapes se dessinent : une première étoile Michelin, davantage de vin roumain à l'étranger et des revenus qui laissent plus de place aux sorties au restaurant. C'est une scène jeune, qui se construit vite.

Moti Azulay, Compass Group Romania

Sources : OIV, State of the World Wine Sector in 2025 (mai 2026) · Puterea, importations et exportations de vin 2023 selon Wines of Romania et l'INS (en roumain) · Decanter World Wine Awards 2025: The big picture · Règlement de la Commission 338/2011, Magiun de prune Topoloveni · Economedia, le marché roumain est-il prêt pour les étoiles Michelin, février 2026 (en roumain) · Business Review, premières Clés Michelin pour la Roumanie, novembre 2025 · RHN, 25 hôtels roumains dans la sélection des Clés, août 2026 · Business Review, Taste of Transylvania 2026 · Economica, la première édition de Gault&Millau en Roumanie (en roumain) · Playtech, Gault&Millau 2019 (en roumain) · Revista Biz, entretien avec Radu Ionescu de Kaiamo (en roumain) · StartupCafe, le secteur de la restauration et de l'hôtellerie en Roumanie (en roumain) · Christian Science Monitor, rationnement du pain, 20 octobre 1981 · Communist Crimes (Institut estonien de la mémoire historique), Mihai Dragnea sur l'austérité en Roumanie · Euronews, les prix alimentaires en Europe selon Eurostat, décembre 2025

Cet article est fourni à titre d'information générale uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement, juridique ou fiscal. Les données de vin sont mises à jour chaque année, et les guides de restaurants modifient leurs sélections. Les restaurants et hôtels sont mentionnés à titre d'information et non comme recommandation. Les informations peuvent changer. À jour au 23 octobre 2026.

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