Selon le règlement 650/2012, vous pouvez choisir par testament la loi d'un État dont vous avez la nationalité. À défaut de choix, c'est la loi de la résidence habituelle au moment du décès qui s'applique.
En Roumanie, un testament olographe n'est valable que s'il est entièrement écrit de la main du testateur, daté et signé. À défaut, il est nul.
Si la loi roumaine s'applique, le conjoint, les enfants et les parents ont droit à la moitié de leur part légale. Avec un conjoint et deux enfants, seule la moitié de la succession peut être léguée librement.
Un testament pour un bien en Roumanie : la réponse courte
Vous avez acheté un bien en Roumanie et vous avez un testament chez vous. La question est de savoir s'il produira ses effets pour le bien roumain et, si oui, selon quelle loi.
La Roumanie connaît deux formes ordinaires de testament : le testament authentique (testament autentic), reçu par un notaire, et le testament olographe (testament olograf) (article 1040 du Code civil). Mais la forme n'est pas l'essentiel. L'essentiel est de savoir quelle loi régira la succession. Selon le règlement européen sur les successions 650/2012, la règle est la loi de l'État où le défunt avait sa résidence habituelle au moment du décès. Vous pouvez la modifier par testament en choisissant la loi d'un État dont vous avez la nationalité (art. 22 du règlement).
En clair : un bon testament pour un bien roumain répond par écrit à trois questions : quelle loi s'applique, qui reçoit le bien, et où se trouve le testament le jour où l'on en a besoin.
La procédure après le décès est décrite dans notre guide de l'héritage immobilier en Roumanie. Cet article porte sur la rédaction du testament.
Les deux formes : authentique ou olographe
| Testament authentique | Testament olographe | |
|---|---|---|
| Comment il est établi | Vous dictez au notaire ou vous apportez un projet. Le notaire le rédige et le lit, vous confirmez et signez (art. 1044) | Entièrement écrit de votre main, daté et signé (art. 1041) |
| Une erreur de forme | Le notaire vérifie la forme lors de la signature | Un testament qui n'est pas entièrement manuscrit, ou sans date ni signature, est nul (art. 1041) |
| Enregistrement | Le notaire l'inscrit immédiatement au registre notarial national (art. 1046) | Aucune obligation d'enregistrement. Avant son exécution, il est présenté à un notaire (art. 1042) |
| Qui peut apprendre son existence | Toute personne justifiant d'un intérêt légitime, et seulement après le décès (art. 1046) | Celui qui le détient |
| Langue | Les actes notariés sont rédigés en roumain. Une personne qui ne comprend pas le roumain bénéficie d'un traducteur ou d'un interprète autorisé (loi 36/1995 sur les notaires, art. 81) | Le Code n'impose aucune langue particulière |
| Témoins | Un ou deux peuvent assister, ce n'est pas obligatoire (art. 1043, al. 2) | Pas nécessaires |
Deux remarques. Les testaments conjonctifs sont interdits : deux époux ne peuvent pas se léguer des biens l'un à l'autre, ni à un tiers, dans le même testament, sous peine de nullité (art. 1036). Et un testament olographe ne coûte rien, mais il se perd facilement, et personne ne le retrouvera dans un registre.
Le registre : là où « vit » le testament
La loi 36/1995 sur les notaires (art. 162) institue plusieurs registres nationaux auprès de l'Union des notaires. Deux nous intéressent ici :
- Le registre des libéralités (RNNEL) : chaque donation, chaque disposition testamentaire, leur révocation et la rétractation d'une révocation.
- Le registre des options successorales (RNNEOS) : les actes notariés d'acceptation ou de renonciation à une succession. Autrement dit, il concerne les héritiers après le décès, pas le testament lui-même.
Il existe aussi un registre des dossiers successoraux des citoyens étrangers ou roumains dont le dernier domicile était à l'étranger et qui ont laissé des biens en Roumanie (RNNES). Un testament authentique enregistré ne se perd pas.
Quelle loi s'applique : le règlement 650/2012
La Roumanie est membre de l'UE, et le règlement s'y applique à la succession de toute personne décédée le 17 août 2015 ou après (art. 83). Quatre règles en découlent :
- La règle de base : la loi de l'État de la résidence habituelle au moment du décès régit l'ensemble de la succession (art. 21). Le règlement applique aussi une loi d'un État hors UE (art. 20), par exemple la loi du Royaume-Uni, d'Israël ou des Émirats arabes unis.
- Le choix de la loi : vous pouvez choisir la loi d'un État dont vous avez la nationalité au moment du choix ou au moment du décès. Une personne qui a plusieurs nationalités peut choisir l'une quelconque d'entre elles (art. 22, § 1). Le choix est fait expressément dans un testament, ou doit résulter de ses termes (art. 22, § 2).
- Pas de renvoi : lorsque vous choisissez une loi, ce sont ses règles internes qui s'appliquent, pas ses règles de conflit de lois (art. 34, § 2). Le choix est donc prévisible.
- La loi choisie couvre tout : qui sont les héritiers et quelles sont leurs parts, la réserve, la renonciation, les dettes et le partage (art. 23).
Sur la forme, les règles sont souples. Un testament écrit est valable en la forme s'il respecte la loi du lieu où il a été fait, celle d'une nationalité, d'un domicile ou d'une résidence habituelle ou, pour un immeuble, celle de l'État où le bien est situé (art. 27). Le Code civil roumain prévoit une règle comparable (art. 2635).
Qu'est-ce que cela signifie en pratique ? Si vous vivez hors de Roumanie et ne choisissez aucune loi, c'est en général la loi de votre pays de résidence qui s'appliquera, y compris pour le bien roumain. Si vous avez aussi la nationalité roumaine, par exemple grâce à un passeport roumain, vous pouvez choisir la loi roumaine ou celle de votre autre nationalité. Dans tous les cas, la procédure de transfert et d'inscription du bien lui-même se déroule en Roumanie.
Un bon testament pour un bien roumain répond à trois questions : quelle loi s'applique, qui reçoit le bien, et où se trouve le testament.
La réserve héréditaire : si la loi roumaine s'applique
Si la loi roumaine régit la succession, vous ne pouvez pas disposer de tout comme vous le souhaitez. Le conjoint, les descendants et les parents ont droit à une réserve héréditaire (rezerva succesorală) : la moitié de ce qu'ils recevraient sans testament (art. 1086 à 1088). Le reste, la « quotité disponible », peut revenir à quiconque (art. 1089).
| Qui vous survit | Parts légales | Réserve héréditaire | Quotité disponible |
|---|---|---|---|
| Un conjoint et deux enfants | Conjoint un quart, enfants trois quarts ensemble (art. 972 et 975) | Conjoint 1/8, chaque enfant 3/16 | La moitié de la succession |
| Deux enfants, sans conjoint | La moitié à chaque enfant | Un quart à chaque enfant | La moitié de la succession |
| Un conjoint, sans autre parent appelé à hériter | Tout au conjoint (art. 971, al. 2) | La moitié | La moitié de la succession |
Le calcul est le nôtre, à partir des articles. Les donations consenties de son vivant sont réintégrées dans le calcul de la masse successorale (art. 1091). Un héritier dont la réserve est atteinte peut demander la réduction des legs et des donations (art. 1092), dans un délai de 3 ans à compter de l'ouverture de la succession (art. 1095). Les legs sont réduits avant les donations (art. 1096).
Et si c'est la loi d'un autre pays qui s'applique ? Ce sont alors ses règles qui déterminent s'il existe une réserve et quelle est son importance. Vérifiez-le avec un avocat spécialisé en successions dans ce pays.
Le terrain et les héritiers hors UE
Une villa est bâtie sur un terrain. La Constitution roumaine (art. 44, al. 2) permet aux citoyens étrangers d'acquérir des terrains dans les conditions découlant de l'adhésion à l'UE et des traités internationaux, sur une base de réciprocité, ainsi que par voie de succession légale. Ce qui se passe lorsqu'un terrain est légué par testament à un héritier qui n'est pas citoyen de l'UE doit être examiné au cas par cas. Nous traitons ce point dans notre article sur la propriété foncière. En outre, selon l'article 30 du règlement, les dispositions spéciales de l'État où le bien est situé s'appliquent de toute façon, lorsque la loi locale prévoit qu'elles s'appliquent quelle que soit la loi régissant la succession.
Rédiger un testament pour un bien roumain : 7 étapes
- Choisissez la loi. Si vous voulez de la certitude, indiquez expressément quelle loi régit l'ensemble de la succession.
- Choisissez la forme. Un testament authentique en Roumanie est enregistré et vérifié lors de la signature. Si vous ne pouvez pas vous déplacer, demandez à un consulat roumain s'il peut authentifier un testament. Les consulats accomplissent des actes notariés pour les citoyens roumains et, dans certains cas, pour des étrangers (loi 36/1995, art. 18).
- Décrivez le bien. Adresse, numéro cadastral et numéro de livre foncier, tels qu'ils figurent dans l'extrait du livre foncier.
- Vérifiez la réserve héréditaire si la loi roumaine est susceptible de s'appliquer.
- Mettez-le en cohérence avec votre testament dans votre pays. Un testament postérieur ne révoque un testament antérieur que dans la mesure où ils sont incompatibles (art. 1052, al. 3). Un nouveau testament rédigé dans votre pays qui indique « je révoque tous mes testaments antérieurs » peut aussi révoquer le testament roumain.
- Envisagez un exécuteur testamentaire. Vous pouvez en désigner un ou plusieurs dans le testament (art. 1077). Leurs pouvoirs commencent dès qu'ils acceptent la mission par une déclaration notariée.
- Dites à vos héritiers où se trouve le testament. Et laissez-leur une liste : le notaire, un avocat indépendant en Roumanie, les numéros de compte et les documents du bien.
Un testament n'est révoqué expressément que par un acte notarié ou par un testament postérieur (art. 1051). Un testament olographe peut aussi être révoqué par sa destruction (art. 1052).
Questions fréquentes
Un testament fait dans mon pays est-il valable pour un bien en Roumanie ?
En la forme, en général oui : le règlement 650/2012 admet un testament valable selon la loi du lieu où il a été fait, de la nationalité du testateur ou de sa résidence (art. 27). Pour l'utiliser en Roumanie, il vous faudra une traduction certifiée et, dans la plupart des cas, une apostille. Voir notre guide de l'apostille.
Quelle est la différence entre le RNNEL et le RNNEOS ?
Le RNNEL enregistre les donations et les testaments, ainsi que leur révocation. Le RNNEOS enregistre les actes d'acceptation ou de renonciation à une succession. Ce sont deux registres nationaux de l'Union des notaires (loi 36/1995, art. 162).
Puis-je choisir la loi roumaine si je ne suis pas citoyen roumain ?
Non. Selon l'article 22 du règlement, vous ne pouvez choisir que la loi d'un État dont vous avez la nationalité, au moment du choix ou au moment du décès. Les binationaux peuvent choisir l'une ou l'autre.
Mon conjoint et moi pouvons-nous rédiger un seul testament ensemble ?
Pas en Roumanie. L'article 1036 du Code civil interdit à deux personnes ou plus de se léguer des biens l'une à l'autre ou à un tiers dans le même testament. Un tel testament est nul. Chacun rédige le sien.
De combien de temps un héritier dispose-t-il pour réclamer sa réserve ?
Si la loi roumaine s'applique, de 3 ans à compter de l'ouverture de la succession, ou à compter du jour où l'héritier a eu connaissance de la donation ou du legs excessif (art. 1095).
En résumé
Un bien roumain n'exige pas un testament compliqué. Il exige un testament clair : quelle loi vous avez choisie, qui reçoit le bien, et où se trouve le testament. Un testament authentique enregistré règle la dernière question. Un choix exprès de la loi règle la première.
Si vous possédez un bien en Roumanie, ou si vous êtes sur le point d'acheter, réservez un entretien de 30 minutes avec moi. Nous passerons en revue les questions à poser au notaire et à un avocat indépendant spécialisé en successions.
Moti Azulay, Compass Group Romania
Sources : Code civil, loi 287/2009, texte consolidé (legislatie.just.ro), art. 971 à 975, 1034 à 1053, 1077, 1086 à 1096, 2633 à 2636 · Loi 36/1995 sur les notaires, texte consolidé (legislatie.just.ro), art. 18, 81, 93, 162 · Règlement (UE) 650/2012 (EUR-Lex), art. 20 à 23, 27, 30, 34, 83 · Constitution de la Roumanie (legislatie.just.ro), art. 44
Cet article est fourni à titre d'information générale et ne constitue pas un conseil juridique, fiscal ou financier. Les règles sont à jour au 22 octobre 2026. Un testament est un document personnel : rédigez-le avec un avocat indépendant spécialisé en successions dans chacun des pays concernés.
Vous en savez maintenant davantage.

Cet article est fourni à titre d’information générale et ne constitue pas un conseil juridique, fiscal ou financier. Consultez des professionnels locaux avant toute transaction.


